Hardouin... Il y a 20 ans, à Vouvray

Il y a vingt ans (et même un peu plus)…
La 5A 1995 des frères Hardouin fut joyeusement fêtée en 1996
Julien Garnier, leur successeur, a conservé le diplôme


Hardouin-Piot-recad

J
acques Hardouin, alors tout récent lauréat, avec Michel Piot (l'un des piliers de l'AAAAA, qui nous a quittés il y a presque un an). Le chroniqueur du Figaro faisait partie du jury qui décerna le diplôme 5 A aux frères Hardouin, charcutiers et traiteurs vouvrillons.
Les autres jurés de l’époque : Robert J. Courtine, le La Reynière du Monde, Anne Hudson, chroniqueuse de France Info, et Jacqueline Ury, journaliste au Parisien, qui ont, eux-aussi, quitté notre table, Pierre Bonte, François Roboth, Vincent
Ferniot, alors récemment coopté, Monique Pivot et Jacques-Louis Delpal.

Le diplôme fut officialisé le 20 mars, jour du printemps 1996, lors d’une réception vouvrillonne formidablement orchestrée par Jacques et André Hardouin.

Hardouin-1996Invitation.

Le carton d’invitation donnait rendez-vous à l’Étang Vignon, où les installations de fabrication et traiteur avaient été récemment aménagés, près du vignoble .
Parmi les joyeux convives,
Michou, qui se régala aussi des rillettes, des rillons, du boudin, autres grandes spécialités d’une maison qui peut se vanter de ses 80 ans d’existence. Et qui battit un record, ce jour de convivialité, en confectionnant une andouillette de 7 m 10 de long (mesurée par un huissier !).

Michou,rillettesHardouin

André Hardouin, le père d’André junior et de Jacques, qui avait fait son apprentissage de charcutier dans le Val de Loire, était arrivé en 1930 à Vouvray, fort désargenté, mais engagé comme commis chez M. Guillon, bon pro aux andouillettes réputées, déjà expédiées à Paris. Il en prit le relai quelques années après, avec sa femme, Suzanne, confia l’affaire à ses fils, qui la développèrent.
André Hardouin junior vint en renfort, puis Jacques, qui arrêta toutes études non charcutières en 1955, eut de l’ambition sans succomber aux tentations de l’industrialisation, fit d’Hardouin un grand artisan, également implanté à Tours, traiteur de renom (André Terrail, René Lasserre, Paul Bocuse, Pierre Troigros et plus d’un « super-étoilé » se régalèrent des produits vouvrillons lors de buffets spectaculaires au Salon de l’Agriculture, qui étaient également abondés en andouillettes 5A par Gilbert Lemelle et son fils Dominique).

Toujours la 5A…

Garnier-diplome


Jeune entrepreneur, Julien Garnier reprit l’entreprise en 2003 (il y aura 13 ans ce mois octobre 2016). Il conserva l’équipe de fabrication, continua de mettre en avant l’andouillette à la corde, continuellement apprécié par le jury 5 A (prochain renouvellement à l’automne 2017).
Elle demeure l’une des spécialités vedettes des points de vente Hardouin, à Vouvray (le Virage gastronomique, proche de la Loire, et la boutique du bourg), aux halles et près du centre Vinci à Tours, à Azay-le-Rideau.
Hardouin, 80 ans déjà…

Hardouin2013-labo-andouillettes_modifié-1

Les andouillettes Hardouin sont "tirées à la corde", comme au temps de M. Guillon. Une mince ficelle ne serait pas à l’échelle de leur longueur : d’un poids de 700 à 800 grammes, elles sont destinées à être tronçonnées.
Ce sont des « pur porc » depuis une quinzaine d’années — donc depuis quelques renouvellement de diplômes.
Elles comportaient de la fraise de veau en proportion assez importante lors de la première attribution de 5 A (fraise dont l’utilisation fut strictement prohibée jusqu’à l’an dernier, suite à l’épidémie dite de la vache folle). La fraise apportait quelque souplesse, mais devait être soigneusement dégraissée.

Hardouin-80-ans - copie